Cap aux bords, rencontres de Ste-Livrade, aura bien lieu.

A vous toutes et tous, amis, compagnons de route, habitués de nos Rencontres, étudiants, 

Incroyable, mais vrai : initialement annulée, la 3ème édition de « Cap aux bords » aura bien lieu, du vendredi 11 septembre dès le matin au dimanche 13 tard le soir, au cinéma « l’Utopie », à Ste-Livrade-sur-Lot. La raison en est simple : beaucoup de ce qui nous a manqué ce printemps – l’appel du hors-champ, l’air du large, la rencontre et la palabre sous les platanes, le goût des autres – porte un nom : « cinéma », au sens où nous l’entendons depuis longtemps, comme un art de raccorder bouts des uns et bouts des autres, une façon de recoudre et suturer ce que l’époque et les circonstances disjoignent. Aucun de nous ne sort indemne de ces mois d’épreuves et rien ne dit qu’ils ne se prolongeront pas. Le besoin de nous retrouver est grand, de voir ensemble, de parler, de faire le point sur nos pratiques (de spectateurs, de filmeurs). Ces Rencontres, il nous fallait les tenir pour que perdurent les relations de travail et d’amitié qu’au fil des ans elles ont forgées. Nous le faisons en connaissance de cause, confiants dans notre capacité collective à prendre soin les uns des autres et respectueux de ce que la situation du moment nous réclamera de faire, forts du bon sens de chacun et conscients que rarement circonstances historiques n’auront à ce point justifié l’existence d’un rendez-vous comme le nôtre, même en version plus courte (mais 3 jours tout de même, ce n’est pas rien). 

Un séminaire et une mini-rétrospective de films majeurs issus de quelques pays d’Afrique noire aborderont la nécessaire question de la décolonisation des regards comme une étape essentielle vers la sortie de toutes les formes de domination. Nous réfléchirons par ailleurs aux perspectives qu’offrent au cinéma indépendant les essais poétiques, politiques ou burlesques initiés pendant le confinement par la chaîne Pneumatic Cinéma. Et surtout nous n’oublierons pas d’être avant tout dans la vie, entraînés par la douce folie de Bruno Bouchard, tenancier d’un curieux bar à malice tous les soirs, et les très sérieuses loufoqueries de l’artiste David Legrand dont la performance du samedi soir pourrait bien enfiévrer cette édition résistante. 

Vous l’avez bien compris, il s’agira d’une édition fragile et conçue dans l’urgence, autrement dit plus sauvage, ce qui personnellement me convient bien, nous rappelant nos débuts, il y a 8 ans, à Laignes, en Bourgogne. Mais sur le fond, rien ne change : il y aura bien une navette pour vous accueillir en gare d’Agen et des repas collectifs, en plein air, midi et soir, sur inscription. Et comme l’an passé, le camping sera gratuit, avec toutes les commodités, mais simplement il faudra espacer nos tentes – « Cap aux Bords » ne sera ni Woodstock ni l’île de Wright, mais tout de même un sacré beau lieu. Par ailleurs, sachez que la plupart de nos bénévoles et quelques-uns de nos invités ont désormais plus de 60 ans, moi y compris. Raison pour laquelle je vous demanderai de respecter les mesures d’usage. Nous ne le ferons pas pour obéir aux ordres, mais tout simplement pour protéger ceux que l’on aime et qui nous aident. 

Pour toute info pratique, rendez-vous sur le site www.capauxbords.com où le programme complet sera détaillé dans les prochains jours. Et pour d’autres précisions (sur les films, nos invités, les événements, les séminaires) régulièrement sur notre page FaceBook : « Rencontres cinématographiques en Lot-et-Garonne : Cap aux bords ». Vous trouverez en pièce jointe des textes vous prévenant clairement de ce qui vous pend au nez : ça va être bien. Vous pouvez aussi m’écrire. 

Se retrouver sera un beau défi. Nous sommes vivants.

Avec toute mon amitié.

Patrick Leboutte. 

PS : Le nombre de places étant limité pour les raisons que vous savez, il est recommandé de s’inscrire via le bulletin disponible sur le site des Rencontres. 

https://www.capauxbords.com/

PS2 : Si vous le pouvez, faites passer le message.